Heures d’informations autorisées et payées

, par Christelle MARTIN

Le patronat, MEDEF en tête, se félicite de l’élection de Macron à la tête du pays. La composition du gouvernement indique clairement l’objectif du nouveau président de la République, objectif clairement exposé dans son programme de campagne : poursuite de la casse du code du travail, casse de la Sécurité Sociale, casse du service public, du statut de la fonction publique et des statuts particuliers, privatisations…

La direction d’ADP se frotte déjà les mains, tout comme les grandes entreprises françaises. Macron, ils le connaissent bien puisqu’il était notre ministre de tutelle. C’est lui qui voulait privatiser ADP il y a deux ans via la loi Macron 1, laquelle à l’origine ne se limitait pas à la privatisation des aéroports de province. Un pur produit financier à l’image de nos dirigeants actuels, qui semble estimer que pour relancer la croissance et l’emploi, il suffit de remettre en cause les protections des salariés et leurs acquis, et de faciliter les licenciements.

Mais Macron comme ses prédécesseurs, comme le patronat de manière générale n’a peur que d’une chose : du rapport de force, des grèves généralisées, et du blocage du pays. Alors, il veut aller vite, réformer à coup d’ordonnances le code du travail à la fin de l’été, pour tenter d’empêcher toute résistance des salariés. En parallèle, nous avons appris par la presse que le ministère des finances travaillerait depuis plus d’un mois sur la privatisation d’ADP.

Côté ADP, la direction accélère également le rythme :
- fermeture des informations au public, cœur de métier et missions de service public
- fermeture du restaurant du personnel de CDGA le soir et le week-end
- regroupement des objets trouvés à CDG2 et fermeture des OT de CDG1
- fermeture du dispensaire d’Orly Sud et mise en place d’un plan de licenciement collectif
- réorganisation de la DSI, des moyens généraux, de l’exploitation avec la réorganisation DGO
- remise en cause des acquis statutaires pour les nouveaux embauchés (SUFA)
- modification des règles d’avancements pour les non cadres
- remise en cause du forfait jour pour les cadres
- dénonciation d’accords collectifs, d’usages
- vente de la filiale en charge de la sureté "Hub Safe"
- cession de notre participation dans le centre de formation des pompiers aéronautiques
- prise de participation à l’étranger

Se défendre, résister, sont les seules voix du progrès depuis toujours, l’Histoire le démontre : 1789, 1871, 1917, 1936, 1945, 1968 ont été le fruit de la mobilisation des salariés par les grèves, les manifestations, la grève générale pour se défendre et arracher de nouveaux droits (durée du travail, repos hebdomadaires, congés payés, protection sociale…).

Seuls les combats qui ne sont pas menés sont perdus d’avance.

L’appel aux heures d’info en PDF