FO ADP écrit aux candidats aux élections présidentielles

, par Christelle MARTIN

Madame, Monsieur,

Vous êtes candidat(e) aux élections présidentielles.

Comme vous le savez, la cgt-FO ne donne pas de consignes de vote pour les élections présidentielles, ni au premier tour, ni au deuxième tour, qu’elles soient directes ou indirectes, chaque adhérent et sympathisant étant libre, en tant que citoyen, de faire son choix, de voter pour le candidat de son choix voire ne pas voter.

Toutefois, nous nous engageons à rendre public, sur notre site Internet, les réponses des candidats sur des sujets économiques et sociaux qui nous tiennent à cœur.

Contre la privatisation des Aéroports de Paris

En premier lieu, nous demandons des garanties comme quoi l’Etat restera majoritaire au sein de la société ADP, pour des raisons politiques, économiques, stratégiques et sociales. Le statut du personnel, règlementaire, est lié au fait que l’entreprise ADP demeure publique, même si elle est cotée en bourse. Le personnel d’ADP est extrêmement attaché à son statut.

Nous souhaitons donc obtenir un engagement de votre part comme candidat(e), garantissant, pour le cas où vous seriez élu(e) président(e) de notre République, que l’entreprise Aéroports de Paris restera détenue directement à plus de 50% de son capital par l’Etat.

Pour l’abrogation de la loi Diard

Notre syndicat a combattu le projet de loi Diard et continue de demander l’abrogation de cette loi considérée comme une loi "Antigrève". Le droit de grève à ADP est réglementé, avec la mise en place d’un service minimum afin d’assurer la continuité du service, liée à nos missions de service public. Ainsi les salariés d’ADP sont soumis réglementairement au dépôt d’un préavis de grève de 5 jours francs. Les salariés en charge de la protection des biens et des personnels sont réquisitionnés lors des mouvements de grève, et assurent les missions de protections des biens et des personnes dans leur intégralité. Or, la loi Diard impose aux salariés, à titre individuel, de se déclarer grévistes 48h avant la grève, tout en leur imposant également un délai de prévenance de 24H en cas de reprise du travail avant la fin du conflit. Cette loi dont l’objectif était de pouvoir informer les passagers et usagers des conséquences d’un conflit sur le trafic aérien, permet surtout aux employeurs de s’organiser pour remplacer les grévistes, ce qui est contraire aux arrêts jurisprudentiels sur le droit de grève.

Enfin, puisque cette loi avait pour objectif affiché de permettre aux compagnies aériennes d’informer leurs passagers des conséquences de la grève et des annulations de vols, elle ne devrait donc pas concerner le personnel d’ADP, lequel ne concourt pas directement à la réalisation des vols des compagnies aériennes.

Le gouvernement précédent, pendant la période électorale précédente, s’était engagé à "revoir" cette loi. A ce jour, rien n’a été fait. C’est pourquoi nous vous sollicitons sur ce point.

Pour l’abrogation de la loi Travail

Enfin, notre syndicat a combattu le projet de loi travail et continue de revendiquer son abrogation. L’inversion de la hiérarchie des normes, dans un secteur concurrentiel comme le transport aérien, va augmenter mécaniquement le dumping social lors des changements de marchés de sous-traitance en remettant en cause des acquis des salariés. La loi travail, par ailleurs, a des conséquences importantes sur la médecine du travail. Nos activités sur les aéroports sont des activités en continu avec une pénibilité accrue liée aux horaires décalés, au travail de nuit, en extérieur, à la coactivité…

La loi travail ne va donc pas uniquement remettre en cause les acquis des salariés, mais également avoir des conséquences sur la santé des salariés et la prévention des risques professionnels. C’est pourquoi nous souhaitons connaitre votre position sur son abrogation.

Recevez, Madame, Monsieur, nos sincères salutations.

Christelle MARTIN

Secrétaire du syndicat

Courrier en PDF