Communiqué AF versus ADP ?

, par Christelle MARTIN

Le syndicat FO des Aéroports de Paris (FO ADP) renouvelle son soutien à FO Air France mobilisé pour obtenir le retrait du plan de licenciements.

FO ADP dénonce la surenchère à laquelle se sont livrés, les médias, la direction d’Air France et le gouvernement suite aux évènements survenus lors du Comité Central d’Entreprise (CCE) du 5 octobre 2015, pour tenter de criminaliser l’action des salariés et de leurs syndicats.

Le syndicat condamne les méthodes d’interpellation de plusieurs salariés Air France, traités comme des criminels et réclame l’arrêt immédiat des poursuites et des sanctions.

Par cette surenchère, Direction et gouvernement, ont tenté de faire oublier les raisons de la dégradation de la situation sociale à Air France et leurs responsabilités dans la situation économique de la compagnie.

FO ADP dénonce, à ce titre, la dangereuse stratégie de la Direction d’Air France culpabilisant les salariés, stigmatisant les coûts salariaux comme cause de la situation de l’entreprise, opposant les différentes catégories de personnels, faisant se succéder les plans de suppression d’emplois et d’atteintes aux acquis avec, cette fois-ci, un cran supplémentaire : 2900 suppressions d’emplois dont des licenciements « secs » annoncés et selon, certaines sources divulguées par des médias, un plan de 5000 licenciements supplémentaires programmés dans le secret.

Le syndicat dénonce également la stratégie visant à pointer du doigt Aéroports de Paris comme responsable de la situation économique d’Air France, par sa politique d’investissement pour les compagnies aériennes (3 milliards d’euros sous 5 ans) financée par les taxes et redevances.

Il dénonce l’attitude des dirigeants d’Air France qui ont masqué la réalité de la situation économique et financière catastrophique d’AF. 5 milliards de dettes pour deux milliards de fonds propres ! Deux cents millions de pertes nettes sur l’exercice 2014 ! Et les dirigeants d’AF stigmatisent ADP, prétendant que les taxes et redevances représentent 20% des coûts d’exploitation, alors qu’en fait c’est moins de 2% ! Mais les dirigeants d’AF aiment trouver un bouc émissaire et ADP a toujours été ce bouc émissaire malgré tous efforts faits depuis des décennies pour aider AF.

Par ailleurs, le problème d’AF est systémique car elle ne peut pas faire face à une concurrence déloyale, tant des low costs comme Ryan air, tant des émirats et de l’Arabie saoudite qui ont une politique agressive et ne respectent pas les règles du Droit international. Les pouvoirs publics, se couchant face au diktat de l’Europe, préfèrent vendre des rafales au Qatar contre des créneaux horaires pour Qatar Airways depuis les bases de province que défendre les intérêts de la compagnie encore considérée comme nationale. Les personnels considèrent toujours cette compagnie comme nationale malgré sa privatisation, l’Etat ne détenant que 16% en conséquence la loi Jospin-Gayssot. Et l’Europe interdit toute recapitalisation ! Et bizarrement, la privatisation d’ADP serait de nouveau à l’ordre du jour ?

Le syndicat revendique l’arrêt immédiat des plans de licenciements et de toute forme d’attrition de l’activité d’AIR France. Il exige l’arrêt de l’acharnement judiciaire et l’arrêt des poursuites et des sanctions contre des salariés de la compagnie.

Le syndicat appelle les salariés d’Aéroports de Paris disponibles à participer le 22 octobre à manifester à l’assemblée nationale à 13H00 contre la répression subie par les salariés d’AF.

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