22 mars 2018 : Grève et Mobilisation réussies !

, par Christelle MARTIN

Plus de 300 agents en grève et en manifestation sur Roissy : Preuve est faite que les agents d’Aéroports de Paris sont fermement opposés à la privatisation :

Le gouvernement doit retirer son projet !

Les salariés d’ADP, nos collègues, ont répondu présent à l’appel à la grève de FO, et à celui de la CGT.

Après s’être rassemblés devant le siège social, plus de 300 agents ADP ont manifesté et bloqué la plateforme de Roissy en scandant "Non ! Non à la privatisation". Preuve est faite – s’il en était besoin – de leur opposition à ce projet, et de leur détermination à se mobiliser pour défendre les missions de service public d’Aéroports de Paris pour les usagers de nos plateformes, et pour la défense du statut du personnel.

Le congrès de notre syndicat qui s’est tenu le 16 mars 2018, a clairement défini notre objectif :

"Tout faire pour mettre en échec le projet du gouvernement de privatiser ADP !"

La vérité, c’est que depuis le passage en Société Anonyme (SA) en 2005, le capital de l’Etat s’est réduit au fur et à mesure pour arriver à 50,6% aujourd’hui. Et dans le même temps, nous avons vu le trafic augmenter de 34.7% …Alors que les effectifs ont chuté de 17.5%, et que les bénéfices augmentaient de …353% !

Nous avons subi et subissons les réorganisations constantes ; les directions y passent les unes après les autres : DHA, SSPG, DRH, DSI, IMO, DGO, SET et LOG LBG 2020, CDG 2020, ORY 2020…. La dernière en date, c’est le groupe de travail des "informations au public" : la direction s’apprête à supprimer 370 postes dans 3 qualifications, pour remplacer ces dernières par une seule ! A charge, pour ceux qui ne seront pas choisis parmi les 148 postes créés, "de se trouver un poste eux-mêmes" ! Et la direction a osé appeler cette réorganisation : "Bienvenue à paris !", ce qui montre l’immense cynisme de la direction envers les salariés, ainsi que son mépris pour la qualité du service public.

Il faut en être conscient : toutes les catégories de personnels sont impactées, du 1B aux Cadres. Car depuis que nous sommes devenus société anonyme, la direction n’a eu de cesse de remettre en cause nos acquis statutaires et collectifs, par exemple le "PARDA", la rémunération et avancement des cadres, le temps de travail (qui a été augmenté pour les opérationnels), le SUFA et le COFA pour les nouveaux embauchés, la rémunération des temps partiels dits de "convenances personnelles"…

Et pour finir, le projet d’accord NAO 2018, constitue une fois de plus un chantage inacceptable imposé par la direction, lequel conditionne une minuscule augmentation générale de salaire de 0.5% à la signature d’un autre accord qui remettrait en cause le système actuel d’avancement des non cadres !

Mais la vérité, c’est aussi que nous avons encore des acquis collectifs, des garanties issues du statut du personnel, tels que le 13ème mois (article 26 du Statut), la prime complémentaire (art 27), l’ancienneté jusqu’à 21 ans (le plus souvent limitée ailleurs à 11 ans), les primes de sujétions professionnelles (art. 25), etc… La vérité, c’est que chacun est titulaire d’un poste, sur un lieu de travail, poste attaché à une qualification et une grille de rémunération (définie par les articles 18, 19 et 20)…

Or, si le capital de l’Etat passe en dessous de la barre des 50%, tout cela risque d’être remis en cause, peut-être pas immédiatement, mais à long terme, c’est quasi certain !

C’est pourquoi, défendre le statut public d’ADP, c’est défendre le statut du personnel et l’unicité d’ADP... Au contraire, pour un actionnaire privé qui ne pense qu’au "retour sur investissement", notre statut du personnel sera jugé trop coûteux, leur seul et unique but étant de "créer toujours plus de valeur" !

La privatisation, c’est encore la remise en cause du rôle d’ADP dans l’aménagement du territoire, que le gouvernement semble oublier !

Notre syndicat FO se félicite du soutien apporté par notre fédération (la FEETS FO), l’Union régionale d’Ile de France FO (URIF) et nos Unions Départementales du 75, 93 et 94 qui ont pris positions ainsi que notre confédération.

Pour toutes ces raisons, FO réaffirme :
- Son opposition à la volonté du gouvernement de privatiser ADP ;
- Son attachement inconditionnel au statut du personnel ;
- Son opposition aux réorganisations qui suppriment des postes, des emplois, des métiers.

La grève et la mobilisation sont réussies. L’exaspération grandit chez les salariés d’ADP.

Cela sonne comme un ultimatum au gouvernement :

Le Gouvernement doit retirer son projet de privatisation !

S’il s’obstine, la réponse devra être à la hauteur de l’attaque :

Pour FO, la grève et le blocage des plateformes parisiennes sont à l’ordre du jour.

FO est prêt à soutenir dans leur combat et leurs actions tous les salariés, et proposera aux autres organisations syndicales la tenue commune d’heures d’information, afin de décider collectivement des actions à venir.

Le communiqué en PDF